Vous êtes la présidente du jury de ce 21eFIFO, qu’en pensez-vous ?

Je me sens très honorée, car c’est un festival que j’ai toujours regardé et dont j’entendais parler, mais auquel je n’ai jamais pu assister. C’est donc incroyablement excitant d’être là, au cœur de l’action, avec les cinéastes, le public et les autres membres du jury

Comment voyez-vous votre rôle ? 

C’est la première fois que je préside un jury. Je suis à la fois excitée et nerveuse, et j’arrive avec un esprit très ouvert ! Je promets de faire de mon mieux pour tous les documentaires. J’aime la collaboration et le jury est composé d’un mélange très intéressant de personnes, donc je suis sûr qu’il y aura des discussions animées. Ces échanges permettent de s’assurer que tous les films entrent bel et bien en considération

Qu’en attendez-vous ?

Je ne sais pas du tout à quoi m’attendre, mais ce n’est pas souvent qu’on a l’occasion de regarder toute une collection de documentaires de cette région en une seule fois (pendant une semaine) et d’avoir ensuite la joie d’en discuter et de s’immerger dedans. Je suis très enthousiaste à l’idée de célébrer le travail de l’Océanie

Dans l’éditorial, vous avez écrit que «en tant que jeune personne, vous avez grandi en cherchant à vous valider en tant que femme Māori à travers les représentations que vous avez lues ou vues», pensez-vous que le FIFO a un rôle à jouer pour les communautés océaniennes ? Plus spécifiquement, pour les jeunes ?

Je pense qu’il n’y a rien de plus profond que de voir des histoires en particulier sur grand écran qui vous renvoient vos images et vos histoires, qui parlent de votre culture et des problèmes auxquels vous êtes confrontés. Pour les jeunes, en particulier ceux issus de communautés qui ne voient souvent pas leurs histoires à l’écran, le FIFOest extrêmement stimulant.

Vous êtes cinéaste et auteure primée de pièces de théâtre, de scénarios et de courts métrages de fiction. Vous considérez-vous comme un exemple pour les Māori, les encourageant à parler, à écrire et à produire ?

Lorsque j’étais enfant, peu de Māori réalisaient des films et, pendant près de trente ans, la seule femme à avoir écrit et réalisé un long métrage était Merata Mita. Elle a encadré et encouragé de nombreux cinéastes indigènes dans le Pacifique, en Australie, aux États-Unis et au Canada, et a eu un réel impact. Grâce à son inspiration et à son soutien, ainsi qu’à ceux qui nous ont précédés, beaucoup plus de Māori réalisent aujourd’hui des films. Je fais également beaucoup de mentorat. En plus de travailler avec des cinéastes individuels, j’enseigne à un groupe de réalisateurs de courts métrages basé à Auckland et appelé «South Auckland Shorts». Nous faisons partie de Script to Screen, une organisation spécialisée dans le développement des cinéastes.

Pourquoi est-il important que les communautés océaniennes parlent d’elles-mêmes ?

Dans le passé, de nombreux films ont été réalisés sur nous, mais pas par nous, les histoires étaient racontées à travers le filtre du réalisateur et les personnages étaient souvent exotisés et/ou considérés comme «l’autre». Pour que nos histoires soient authentiques et aient une véritable résonance, les Océaniens doivent être non seulement devant mais aussi derrière la caméra.