« Metal Pacifique, la mélodie de l’enfer au paradis » est le premier long-métrage de Tevai Maiau et Marion Bois. Il est actuellement projeté au FIFO, hors-compétition. Rencontre avec le co-réalisateur de ce 54 minutes dédié à la musique metal.

150 bpm. C’est le tempo musical du metal mais aussi du rythme de vie effréné de Tevai Maiau. Celui qui vit à 100 à l’heure n’a pas une minute à lui. Il fourmille d’idées et veut voir ses projets se concrétiser. Affichant une cool attitude et une bouille de baroudeur californien sur le retour, il ne laisse pourtant rien au hasard. Il faut que ça roule, vite et bien.

Vidéaste depuis 14 ans, l’homme de 39 ans aime naviguer entre plusieurs milieux.

Toute sa jeunesse, il l’a passée sur une planche de skate avec des amis à grinder et enchaîner les tricks du côté de Taravao.

Un univers qui forge sa personnalité d’enfant terrible qui ne veut pas rentrer dans des cases. Tevai et sa bande d’acolytes se créent leurs propres codes. « Tout découle de là. Ce qui me caractérise, c’est la persévérance. En skate, le fait de tomber, se relever, tomber, se relever, rater, rater, rater… tu te dis au final, je vais tout faire pour réussir », s’amuse Tevai. Et de poursuivre : « Je vais y aller à fond jusqu’à ce que je réussisse à rentrer un trick par exemple. C’est ce que le skate m’a enseigné et c’est aujourd’hui ce qui me caractérise. Je pouvais bosser pendant deux ans sur un seul trick et quand je  réussissais cela me motivait à aller plus loin encore. Ça ouvre le champ des possibles. Tout ça se reflète dans tout ce que je fais. »

Pour immortaliser ces moments, il s’est muni d’une caméra. « Ma mère avait une caméra semi numérique à l’époque et j’ai commencé à filmer nos « exploits ». Nous étions une petite communauté. Il y a toujours une communauté derrière. Il faut toujours une communauté pour pouvoir partager, échanger et se nourrir culturellement parlant. Pour moi tout est lié, relié, connecté », philosophe le vidéaste. Un brin obsessionnel, il archive tout et se découvre une nouvelle passion.

Passionné de musique

Au-delà de la pratique sportive du skate, le co-créateur du JT Vert, baigne dans cette culture où la musique est fondamentale. Du gros son dans les oreilles, du punk, du rock, du metal, Tevai ride sa vie personnelle et professionnelle avec ce côté « no limit » propre aux skateurs. « Attention, j’aime aussi le jazz et le reste », lance l’auto-entrepreneur.

Tout naturellement, quand Tevai n’est pas derrière sa caméra, il joue de la batterie, de la guitare, chante et compose ses musiques.  Autodidacte, il vient de créer Coral gem, un projet musical auto-produit depuis le plateau de Taravao, ayant pour but d’expérimenter différents styles. « Je suis passionné de musique. Ce qui me fait vraiment vibrer c’est de raconter des histoires. C’est de raconter l’histoire des gens et pouvoir mettre en image l’essence d’un personnage, d’un groupe ou d’une communauté, c’est ça qui est important pour moi. Allier le son et l’image, c’est ce qui me dirige dans ce que je fais. Tout est lié au son et à l’image. C’est pour moi, les deux sens que l’on utilise le plus dans la vie. C’est vraiment ce qui m’anime », raconte l’ancien membre du groupe de rock alternatif « Shedlight ».

Faire passer des messages

Le plus important dans la vie, pour ce fan de Luan Oliveira : faire passer des émotions. 

Tevai qui vibre sur différentes fréquences insiste :  « Ce qui me guide  dans la vie, c’est cette volonté de créer des émotions. Je pense que c’est ce qui anime tout le monde en fait, c’est de pouvoir ressentir quelque chose. Quand je monte un film, il m’arrive d’être ému devant le montage parce que la personne me communique ses émotions, son ressenti. Mon job, c’est de pouvoir véhiculer ce message, qu’il soit concis et compréhensible pour la majorité de la population. C’est vraiment ça qui me passionne, c’est pouvoir véhiculer tout cela. Mon métier c’est aussi ma vie de tous les jours ».

Le parcours mouvementé de Tevai tend toutefois à changer de cadence. Papa solo d’une petite fille de 11 ans, Tevai se veut plus sage et prend même de temps à autres des vacances. « Ma vision du monde a changé. Je suis beaucoup moins reckless (téméraire – Ndlr) qu’autrefois. Avant j’allais souvent vers le danger et depuis la naissance de ma fille, le goût du danger est beaucoup moins exacerbé. L’envie de faire passer des messages est donc plus fort aujourd’hui, parce qu’il y a une nouvelle génération qui arrive et c’est à nous de la guider. Avec tous les problèmes sociétaux du monde actuel et tous les dangers qui y sont liés, nous sommes obligés de les orienter », raconte-t-il.

Toujours rebelle dans l’âme, l’un des conseils pour y arriver selon lui est simple : « Ne vous prenez pas la tête, prenez votre pied ! »